| « Pas de show médiatique » — La FTQ-Construction s'oppose à une enquête publique |
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| Affaires - Justice | ||
| Écrit par Yvon Laprade | ||
| Vendredi, 30 octobre 2009 12:09 | ||
| Mise à jour le Vendredi, 30 octobre 2009 12:49 | ||
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La FTQ-Construction refuse de faire les frais d'un « show médiatique » et s'oppose farouchement à la tenue d'une enquête publique pour mettre fin aux activités de corruption et de collusion dans cette industrie de 146 000 travailleurs.
Dans une lettre à ses membres diffusée vendredi sur son site Internet, et dont RueFrontenac a pris connaissance, le directeur général de la centrale syndicale affirme clairement, et sans mettre de gants blancs, qu'il ne veut rien entendre d'une enquête publique dans la construction. Selon lui, une telle enquête pourrait se faire « sur le dos des travailleurs de la construction ». Richard Goyette, qui a succédé à Jocelyn Dupuis lors des dernières élections syndicales, va ainsi à contre-courant dans le débat qui a cours sur la pertinence de tenir une telle enquête publique. Les organisations patronales de l'industrie et des syndicats, comme la CSD-Construction, pressent le gouvernement Charest de convoquer tous les acteurs dans une grande commission d'enquête afin d'assainir le climat et d'éliminer des pratiques douteuses et même mafieuses dans l'obtention de lucratifs contrats. Le syndicaliste fait plutôt valoir que la FTQ-Construction n'a rien à se reprocher. Il affirme même que la centrale montre pattes blanches et dénonce, sans succès cependant, le travail au noir et les entrreprises du secteur qui font du blanchiment d’argent, laissant entendre que la FTQ-Construction est un acteur impuissant sur les grands chantiers. « Depuis 30 ans, sur diverses tribunes, la FTQ-Construction demande des interventions musclées afin de mettre un terme aux pratiques qu’elle qualifie de crimes de société. Mais depuis 30 ans, sauf pour de rares observateurs sérieux, on considérait qu’en agissant de la sorte, la FTQ-Construction se préoccupait de problèmes secondaires », écrit Richard Goyette dans sa missive. Il ajoute: « Depuis 30 ans, les solutions sont connues des décideurs qui se sont succédé à la barre du Québec puisque la FTQ-Construction les a interpellés des centaines de fois à cet égard. » Cynique, et prenant soin d'écorcher au passage ceux qu'il considère comme les ennemis de son syndicat, le directeur général ajoute : « Nous aurons donc eu tort durant 30 ans et voilà qu’aujourd’hui, d’un seul coup, nous avons raison, voire même trop raison… Pour le moins étrange le cheminement de nos élites de la critique radicale et de la plume acerbe. C’est à croire qu’il nous fallait du courage pour dénoncer à voix haute cette situation. Nous le faisions sans enregistrement secret, sans voile ni image tronquée, de visière baissée ou d’acteur remplaçant les vrais témoins. Comment se fait-il que nous ayons pu survivre à toutes ces prises de position et ces dénonciations sans la nécessité de demander la protection des services de police? Le « show médiatique » nous n’en avions pas besoin. Nous avions tout simplement besoin d’être crus pour que les choses changent et on ne l’était pas. Ce n’était probablement pas, à l’époque, assez vendeur! » Désinformer le public Richard Goyette semble également incommodé par la diffusion de reportages accusateurs à l'endroit de sa centrale, qui a fait la manchette ces derniers mois, principalement à Radio-Canada et au quotidien La Presse, avec les révélations troublantes au sujet des comptes de dépenses apparemment frauduleux de l'ex-directeur général de la centrale, Jocelyn Dupuis. Ce dernier continue de garder le silence sur ses notes de frais qui dépassaient les 100 000 $. « Pourquoi avoir tenté de mettre les projecteurs sur la FTQ-Construction? » questionne-t-il. Mais il répond lui-même à la question. « Nous ne répéterons jamais assez que la FTQ-Construction n’est nullement mêlée aux événements dénoncés actuellement. Malgré l’acharnement de certains à désinformer le public, les perquisitions qui ont eu lieu l’ont été chez des entrepreneurs en construction. Aucune arrestation ne visait les centaines d’officiers, de représentants syndicaux, de délégués de chantier ou les 70 000 membres de la FTQ-Construction. La moyenne d’intégrité de la FTQ-Construction est assurément de beaucoup supérieure à l’ensemble du corps politique. La FTQ-Construction n’aura d’ailleurs été pointée du doigt que pour un seul incident. Incident qui avait d’ailleurs été réglé plusieurs mois avant que les médias ne s’en emparent .» Non à la commission d'enquête Le directeur général de la FTQ-Construction est toutefois catégorique sur un point en particulier: à ses yeux, une commission d'enquête dans la construction ne réglera pas les problèmes de corruption dans l'industrie. Il considère après coup que la commission Cliche, à la suite du saccage de la Baie James, au cours des années 1970, et la commission d'enquête sur la Gaspésia, au début des années 2000, sont devenues « un show ». « (...) une révélation, même fausse et démentie en contre-interrogatoire, continuera de faire la manchette, car le mensonge est vendeur parce que scandaleux. La preuve en est que, lors des auditions de la commission d’enquête sur la Gaspésia, on a systématiquement refusé d’entendre le témoignage de la direction de la FTQ-Construction, tout comme on ne nous a pas permis de déposer d’expertise. De plus, le commissaire a pu relaxer les témoins avant que nous ayons terminé nos contre-interrogatoires. Lorsque l’on demande une commission d’enquête, il faut savoir de quoi l’on parle et peu de gens au Québec semblent en connaître les tenants et les aboutissants », avance-t-il. Richard Goyette s'en prend à ceux qu'il qualifie de « ténors du passé, ex-ministre, ex-commissaire, ex-juge, et journaliste ayant couvert l’enquête Cliche », qui refont surface, dit-il, « et qui nous entretiennent de cette époque ». « Aujourd’hui encore, alors que nous comptons pour 5 % du total de la main-d’œuvre active, on compte 25 % des décès. Pourtant, un des commissaires, Guy Chevrette, a longuement été ministre du gouvernement du Québec et son procureur, Lucien Bouchard, a été premier ministre, pourquoi n’ont-ils pas agi? Conséquemment, on remarquera immédiatement leur grand intérêt pour le suivi de l’enquête. S’agissait-il tout simplement d’une tribune de popularité? Sont-ils intervenus afin de résoudre les différents aspects des conditions de travail prévalant sur les chantiers, dont la sécurité d’emploi, la précarisation de l’emploi, la mobilité de la main-d’œuvre, le développement économique régional, etc.? Forts de ces exemples, nous ne pouvons que nous opposer à une enquête publique qui ne sera, de toute façon, qu’au service d’intérêts politiques ou particuliers d’une poignée d’individus », plaide-t-il. Il faudra voir maintenant si la prise de position « musclée » du plus gros syndicat de la construction donnera des arguments au premier ministre Jean Charest, qui continue de privilégier une enquête policière pour mettre les menottes aux poignets des entrepreneurs mafieux qui font partie d'un club privé de soumissionnaires.
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Commentaires (13)Flux RSS pour les commentairesAffichez les commentaires Un aveu...ou presque
Assez révélateur le fait que les seuls qui se soient opposés jusqu'ici à une enquête publique sont les chefs des partis politiques, plus particulièrement en fait les chefs libéraux, et maintenant le boss de la FTQ. Raison de plus pour en exiger une et je souhaite que les électeurs - vous savez, les caves qui payent - accentuent leurs pressions.
Et bravo aux gens de ruefrontenac.com. Vous démontrez toute la passion qui vous anime et votre amour pour ce métier magnifique qu'est le journalisme. les deux mains sur les yeux
«Ce qui rend la corruption, ou même la simple médiocrité des élites, si funeste, c'est la solidarité qui lie entre eux tous leurs membres, corrompus ou non corrompus, dans la défense du prestige commun.»
Le Chemin de la Croix-des-Ames (194 , Mars 1942 Citations de Georges Bernanos ah ben...
Mom Boucher non plus ne voulait pas qu'on enquête sur lui, Vincent Lacroix et Earl Jones non plus, tous les violeurs et pédophyles non plus...
En fait, il y a juste les gens honnête que ça ne dérange pas... Drôle d'éthique
Si j'ai bien compris, le copinage avec les Accurso de ce monde, c'est pas un problème pour le président de la FTQ (je suis certain que Accurso n'a pas de trouble avec la FTQ sur ses chantiers). Mais être payé au noir (et ne pas payer ses cotisations à la FTQ!), ça c'est un crime grave. Comment le président de la FTQ construction va réussir à dépenser 120,000$ par année en repas et boisson si les gars payent pas leurs cotisations ?
Il faut enquêter.
Un criminel aurait eu le même dialogue pour ne pas passer devant un juge.
La corruption est fort dommageable pour notre économie Québécoise en ce moment. Outre les considérations morales, elle nous empêche de bénéficier des bienfaits de la concurrence. Dans le monde de la corruption, ce n'est plus l'entreprise efficace et compétitive qui gagne les appels d'offres du secteur public, mais celle qui a les meilleurs contacts au gouvernement. perquisition
tout les endroits ou la s.q. a
perquesitionnées on des parts vendues au fond de solidarite. c est tout un hasard. grue gguay,fondation marc saulnier, solim,ect. c est la ftq
c est quand meme la ftq qui a preté
200millions a accurso et il la administrer comme bon lui chante maison de verre
Effectivement quand on habite une maison de verre, le lancer de roches n'est pas souhaité. Mais que fait-on quand un groupe d'élus, de hauts fonctionnaires, d'entrepreneurs et de syndiqués font main basse sur plusieurs villes au Québec et pas les moindres?
la ftq commence a avoir peur
l affaire Dupuis ce n est rien
a comparer a ce que vous faite a l industrie de la construction en injectant plusieurs millions de dollards dans certaines compagnies comme les grues guay, coffrage astra, simard et baudry, fondation marc saulnier ,ect,ect, vous etouffer artificiellement les autres entreprneur, je comprends que vous ne vouler pas d enquete. et aller compter ca a d autres qu une enquete va nuire a vos membres. Ecrivez un commentaire |
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, Mars 1942 







