Les émetteurs de cartes de crédit encore montrés du doigt PDF Imprimer Envoyer
Affaires - Publicité et marketing
Écrit par Marie-Eve Fournier   
Jeudi, 26 novembre 2009 15:29
Mise à jour le Lundi, 30 novembre 2009 15:31

Option consommateurs accuse les émetteurs de cartes de crédit de favoriser l’endettement des Canadiens en ayant recours à des pratiques et à des tactiques marketing beaucoup trop difficiles à comprendre pour le commun des mortels.

Les cinq pratiques montrées du doigt sont: les taux préférentiels de lancement, les chèques d’avance de fonds, la diminution des paiements minimums, les congés de paiement et les ristournes en argent sur les achats. «Ces pratiques sont présentées comme des cadeaux alors que ce n’est pas tout à fait ça», déplore Élise Thériault, conseillère juridique à Option consommateurs.

Pour en arriver à ce constat, l’avocate a réalisé une étude de 138 pages sur les cartes de crédit pour laquelle elle a analysé près de 200 documents publiés depuis près de 20 ans. Ce travail a été financé par Industrie Canada.

Option consommateurs déplore notamment les limites des offres de taux préférentiels de lancement qui, souvent, ne s’appliquent qu’aux transferts de soldes. Le taux sur les nouveaux achats et les avances de fonds est «beaucoup plus élevé que le taux préférentiel», indique Élise Thériault. Autre hic: c’est le type d’information qu’il faut souvent décoder dans les petits caractères, ce qui n’est pas à la portée de tous.

Contrats impossibles ou presque à déchiffrer

«Il y a beaucoup de lecture à faire pour le consommateur et le niveau de langage est très élevé», souligne-t-elle. Ce qui est incompatible avec le fait que la moitié des Canadiens ont un niveau de littéracie (compréhension de textes) inférieur à 3 (sur une échelle de 5) et un niveau de numératie (capacité de comprendre et d’utiliser les chiffres) inférieur à 3, selon une enquête de Statistique Canada.

«Même s’il n’y a pas de mensonges, c’est très compliqué pour les consommateurs», ajoute l’avocate. Les congés de paiements, souvent offerts en janvier, quand les consommateurs se retrouvent avec des cartes de crédit «pleines», sont tout aussi difficiles à saisir.

«Il y a des limites à demander aux gens de tout comprendre», ajoute Michel Arnold, directeur général d’Option consommateurs.

Presque 20 ans pour rembourser 1000$

La diminution au fil des ans du paiement minimal exigé par les émetteurs est une autre pratique qui favorise l’endettement, selon Option consommateurs.

Au début des années 1990, le paiement minimal était en moyenne de 5% du solde. Il est passé à 2% l’an dernier. Cette pratique permet d’offrir des limites de crédit plus élevées aux clients… souvent tentés de s’en servir.

Pour illustrer l’impact important de cette baisse de 3 points, Élise Thériault a donné l’exemple d’une carte ayant un solde de 1000$ à un taux d’intérêt annuel de 18%. Avec un paiement minimum de 5%, il faut 5 ans et 9 mois pour tout rembourser. Avec un paiement minimum de 2%, il faut plutôt 19 ans et 3 mois pour s’acquitter complètement de sa dette!

Le gouvernement doit intervenir

À la lumière de sa recherche, Option consommateurs demande au gouvernement fédéral de légiférer en matière de paiements électroniques. «La très vieille Loi sur les banques n’a jamais été ajustée en fonction (de l’avènement) des cartes de crédit. On ne sait pas qui est responsable de quoi, dit Michel Arnold. Il faut un comité pour étudier la question.»

Il demande aussi à Québec «d’encadrer et de surveiller les pratiques commerciales en matière de coût du crédit et de divulgation de l’information». Ce point sera d’ailleurs défendu lors des travaux entourant la troisième phase de la réforme de la Loi sur la protection du consommateur, au printemps prochain.

«Ce sont les élus qui ont la responsabilité de protéger les moins bien nantis de la société, les moins éduqués», fait valoir Michel Arnold, tout en convenant que les consommateurs ont aussi des responsabilités à assumer.

Baisse «inquiétante» de l’épargne

Le printemps dernier, l’Association des comptables généraux accrédités du Canada (CGA-Canada) a dévoilé un rapport sur l’endettement des Canadiens dans lequel elle exprimait son inquiétude face à l’augmentation constante de l’endettement des ménages canadiens depuis 1984.

Par exemple, le ratio dette-revenu est passé de 75,1%, en 1990, à 121,3%, en 2006. Et «le taux d’épargne personnel des ménages a reculé d’un sommet de 20,2% en 1982 jusqu’à un creux de 1,2% en 2005».

Pis, «le ratio crédit à la consommation-biens de consommations durables a presque doublé entre 1990 et 2006 pour passer de 47,9% à 82,5%. Cela donne à penser que le mauvais endettement était réellement mauvais puisque les ménages utilisaient les fonds empruntés à des fins de consommation au lieu de les consacrer à l’accumulation de la richesse», a déclaré le vice-président à la recherche et à la normalisation de CGA-Canada, Rock Lefebvre, au Colloque international sur la consommation tenu au printemps à Montréal.

Commentaires (3)

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oui mais
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Robert: Les problème c'est qu'il y a tellement de "caves" que ca affecte tout les autres aussi. Si c'est gens faisaient aussi attention que nous, les problemes d'endetement ne seraient qu'un mythe et les taux d'interets seraient réelement plus bas. Donc plus d'argent pour les consommateurs
huhuhu , novembre 27, 2009
Réponse à monsieur "respect"
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Il est fort possible que tu as été bien éduqué sur les cartes de crédits, mais pour ce qui est de ton language et du respect tu en as encore beaucoup à apprendre.
Martin , novembre 27, 2009
Responsabilié les consommateurs
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À ce que je sache, personne n'a signé la demande de carte de crédit sous la menace. J'ai une carte de crédit depuis l'âge de 18 ans et j'ai maintenant 40 ans. Je me suis toujours servi de ma carte comme une carte de paiement. Mon solde est payé à tous les mois et je profite des points offert par les cartes de crédits. J'obtiens 700$ à 800$ par année de ristourne. Vous savez je me fais un budget que je respecte à la ligne. Si les gens sont trop cave pour ne pas être en mesure de gérer correctement leur finances et bien qu'il fasse faillite. C'est plate mais c'est comme ça. Le gouvernement n'a pas à intervenir pour une bande de cave. Les gens n'ont qu'à s'éduquer. Moi j'ai appris au secondaire V comment à gérer une carte de crédit. Les épais et caves qui ne vont pas à l'école et bien qu'ils écopent maintenant et c'est bien ainsi.
Robert Arbour , novembre 27, 2009

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