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La Caisse: tristement pitoyable PDF Imprimer Envoyer
Affaires - Économie
Écrit par Jean-Philippe Décarie   
Mercredi, 25 février 2009 19:15
Mise à jour le Lundi, 23 mars 2009 18:42

Le dévoilement des résultats de la Caisse de dépôt et placement - l'événement le plus attendu mais aussi le plus prévisible de l'année - aura surtout été l'un des plus tristes spectacles auxquels j'ai pu assister au cours de ma carrière de journaliste économique. Ce n'est pas tant d'avoir à subir le long et pénible constat d'échec qui m'a peiné que de réaliser froidement que rien n'est réglé au sein de ce qui a été durant quatre décennies la plus vénérable institution québécoise.

C'est un président par intérim, Fernand Perreault, qui nous a présenté le pitoyable bilan de la dernière année financière de la Caisse de dépôt. Un fidèle et efficace gestionnaire de 65 ans, mais qui aspire à vivre des jours tranquilles et qui ne veut surtout pas voir son mandat se prolonger indûment. Un président par intérim qui devait expliquer et justifier les décisions d'un prédécesseur - qui n'était pas là pour rendre des comptes - et qui était appuyé par un président du conseil de 70 ans, Pierre Brunet, dont le mandat est échu depuis quelques mois déjà et qui a eu la confirmation que ses services n'étaient plus requis.

Alors que la Caisse de dépôt traverse la pire crise de son histoire, jamais elle n'aura affiché une imputabilité aussi déficiente. C'est ce qui m'a profondément bouleversé mercredi matin.

Rendre des comptes

Lorsque Jean Campeau a quitté la présidence de la Caisse à la fin des années 1980, dans la foulée de la pénible et coûteuse acquisition de la chaîne de magasins Steinberg, une nouvelle direction a été mise prestement en place pour assurer la relance et la continuité des opérations du bas de laine des Québécois.

Lorsque la Caisse a «démesurément» investi dans l'acquisition de Vidéotron, en 2000, et que le marché des technos s'est effondré pour faire mal paraître l'institution, on a tassé Jean-Claude Scraire pour nommer Henri-Paul Rousseau, qui a lui-même présidé à la dévaluation des actifs mal acquis. C'est lui qui a assumé les mauvais résultats de 2001 et c'est lui qui devait imposer un nouveau leadership plus éclairé à l'institution.

Cette année, on avait un président intérimaire qui non seulement devait présenter les pires résultats de l'histoire de la Caisse, mais encore avait le mandat de les avaliser et de les justifier sans être en mesure de détailler les changements de cap qui s'imposent.

Résister aux modes

La Caisse de dépôt, rappelons-le, a perdu 40 milliards de dollars en 2008. Sa surexposition aux PCAA, l'effondrement du dollar canadien et celui des marchés boursiers ont entraîné l'institution dans des zones de déchéance qu'aucune caisse de retraite canadienne n'a visitées au cours de la dernière année.

Une fois ce constat fait, on réalise aussi que la Caisse a succombé - comme elle l'avait fait en 2000 avec les titres de technologie - aux modes du moment: les produits financiers structurés et, pis encore, les investissements dans les infrastructures. Ces investissements - principalement la participation dans l'acquisition des aéroports britanniques - affichent un rendement de -44,7%, alors que l'indice de référence a fléchi de -36,6%. Il s'agit ici de l'une des pires contre-performances de l'institution, si on exclut l'immobilier où la Caisse a sciemment sur-dévalué ses actifs.

Cet exploit, tout comme celui des PCAA où la Caisse est l'institution canadienne qui détient le plus de ces titres et celle qui a été le plus affectée au pays, doit rappeler aux prochains dirigeants de l'institution qu'il faut investir dans ce que l'on connaît et surtout dans ce que l'on comprend.

Mais qui voudra prendre la direction de ce navire sans gouvernail?

Commentaires (3)

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À quoi ça sert d'être journaliste
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Bonjour,
J'ai un peu de peine à comprendre à quoi sert un journaliste, est il là pour rapporter une information et la mettre en perspective, est il là pour poser de gentilles questions aux hommes politiques qui lui donneront de gentilles réponses ou que sais je encore.

Tout cette affaire de la Caisse des dépôts et des mensonges de Jean Charest lors de la dernière campagne me laisse perplexe.

Visiblement Monsieur le premier ministre savait ou si il ne savait pas il a volontairement choisit d'ignorer l'ampleur des pertes de la Caisse et ce dans un but évident: conserver son statut "d'homme de la situation" face à une crise naissante.

Imaginer la réaction de l'électorat si nous avions apprit cela pendant la campagne

J'ai entendu hier à la Tv le premier ministre nous dire que personne ne savais quelle était la situation comptable de la Caisse avant qu'elle ne publie son rapport annuel.

Mais de qui se moque-t-on, une entreprise qui gère 150G$ attend une fois par an qu'un groupe de magicien expert en boulier et calculette ne lui dise quels sont ses résultats et son rendement, c'est ça la Caisse, permettez moi d'en douter.

Je ne sais pas ce qui m'enrage le plus:
Le mensonge des politiques professionnels qui quelque soit leur tendance ne poursuivent qu'un seul objectif accéder au pouvoir et tout faire pour y rester.
Ou les intellectuels et journalistes qui ont les moyens de dénoncer ces mensonges et qui ne le font pas.

Vous êtes en Lock out, alors profitez en...


jean philippe , février 26, 2009
Les libéraux ont menti... et menterons toujours
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Charest et sa bande s'avaient très bien ce qui se passait à la Caisse. Je me souviens du débat houleux que Charest et Jérôme-Forget avaient attisé en 2002 pour une perte de 30 millions. C'était un scandale... Aujourd'hui, on parle de 40 MILLIARDS... Et, c'est pas de leur faute, c'est un phénomène mondial. En campagne électorale, Charest et sa bande de joyeux lurons disaient que le Québec était prêt à faire face à la crise... On le voit bien, trois mois plus tard. Un déficit à l'horizon, la sacoche trouée et une gang de menteurs pour un mandat de 4 ans à Québec... Imaginez seulement si c'était le PQ au pouvoir...
Jean-Guy , février 26, 2009
...
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Imaginez si durant les élections cela aurait été dévoilé au grand jour.
Charest ne serait pas ou il est présentement...
B B , février 25, 2009

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