Le Cirque du Soleil: un succès qui dérange PDF Imprimer Envoyer
Affaires - Bourse
Écrit par Yvon Laprade   
Mardi, 17 mars 2009 16:53
Mise à jour le Jeudi, 30 avril 2009 19:12

Le Cirque du Soleil résiste à la récession économique. L'entreprise fondée il y a 25 ans par Guy Laliberté continue d'afficher sold out, même à Las Vegas, la ville du gambling lourdement frappée par la crise.

 
 

«En 2008, Las Vegas a accusé une baisse de marché de 10% et le Cirque du Soleil a montré une augmentation de 5%. Nous sommes les seuls (dans le marché des spectacles) à avoir affiché une hausse en 2008», a confié mardi dans un point de presse le président du Cirque du Soleil, Daniel Lamarre. Il s'attend à ce que le Cirque connaisse, en 2009, «une année aussi bonne qu'en 2008».

Il concède toutefois que ces succès dérangent certains grands promoteurs américains, «qui trouvent qu'il y a trop de spectacles du Cirque du Soleil à Las Vegas». Mais là où des spectacles de moins bonne qualité quittent l'affiche, le Cirque continue d'attirer ses admirateurs, souligne fièrement le président de l'entreprise qui emploie 4 500 personnes.

Oubliez Montréal

Daniel Lamarre a toutefois remis les pendules à l'heure au sujet du projet de chapiteau permanent à Montréal. Ceux qui rêvaient de voir le chapiteau s'élever dans le ciel montréalais devront en faire leur deuil. Il n'y aura pas de projet de ce genre.

«C'est une décision irrévocable. Un rendez-vous manqué», a-t-il lancé, d'un ton sans équivoque. On sait qu'en 2006, le Cirque du Soleil carressait le rêve de monter un tel chapiteau, en partenariat avec Loto-Québec, dans le quartier Pointe-Saint-Charles.

L'ex-journaliste et grand patron du Groupe TVA – qui est arrivé au Cirque en 2001 – a livré mardi midi un «message d'espoir» devant plusieurs centaines de gens d'affaires de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, en ces temps difficiles «où le seul remède, malheureusement, semble se limiter à couper des jobs et à briser des familles», a-t-il déploré.

«L'antidote à la crise actuelle passe peut-être par un retour aux valeurs fondamentales. Il faut se donner le droit de rêver», a souligné Daniel Lamarre.

Mais pour rêver, le Cirque du Soleil, qui génère pour 7 milliards de dollars de revenus de billetterie dans 250 villes dans le monde, se doit d'innover, de s'adapter en fonction des marchés où ses saltimbanques émerveillent les spectateurs aux quatre coins du globe.

 
 Daniel Lamarre: vendre du rêve en ces temps difficiles. Photo Luc Laforce
 


La Russie et la Chine

En ce 25e anniversaire de l'aventure du Cirque, la troupe «montréalaise» – dont le siège social est installé dans le quartier Saint-Michel – nourrit de grandes ambitions à l'échelle internationale.

«Nous avons deux priorités de marché pour notre expansion. D'abord, la Chine, du côté de Macao, et à travers l'exposition universelle de Shangai. Ensuite, la Russie, où nous serons là pour une première tournée, cet automne, avec un spectacle de tournée. La Russie revêt un potentiel très important pour nous», souligne Daniel Lamarre.

Il insiste sur l'importance du marché de Macao, «un véritable tremplin pour la Chine». «Il y a beaucoup de promoteurs chinois qui sont en discussion avec nous pour d'autres projets en Chine», ajoute-t-il.

Le potentiel des marchés émergents est considérable, aux yeux de Daniel Lamarre.  «Quand vous regardez du côté des marchés émergents, dit-il, vous constatez qu'on a énormément de succès au Brésil, où on va bientôt retourner. On va s'établir en Chine et on va s'établir en Russie.»

Une ombre au tableau, cependant. Le Cirque du Soleil a décidé de reporter – du moins jusqu'en décembre 2009 – son installation à Dubaï, en raison du contexte économique plutôt incertain là-bas. «On va voir comment les choses vont se placer. On veut donner une chance à l'économie de se replacer», a dit le président. Il précise que le Cirque du Soleil connaît du succès, à Dubaï, avec son spectacle Alegria.

À New York, Daniel Lamarre mise sur le spectacle qui sera dirigé par René Simard et qui aura lieu à «l'un des plus beaux théâtres au monde, The Radio City Music Hall, un théâtre qui est une icône».

«Le spectacle devait avoir lieu à Macao. Ce sera extrêmement positif pour le spectacle de René Simard et qui a des chances de connaître un très grand succès à New York», a conclu Daniel Lamarre.

Gérer la crise

Daniel Lamarre ne cache pas que la crise financière et économique oblige le Cirque du Soleil à gérer ses dépenses de façon plus serrée. «La façon la plus facile, c'est de congédier des gens. Moi, j'ai dit à nos gestionnaires: pourquoi on ne se donne pas un défi afin de couper ailleurs que dans les jobs? On a donc trouvé un coussin pour faire face à la tempête. Par exemple, on a trouvé des économies de 10% dans nos frais de déplacement, les voyages, qui coûtent des millions de dollars par année. Au lieu d'aller à trois à Macao, on peut être juste un», explique-t-il.

Cette volonté de maintenir en emploi les forces vives du Cirque – qui compte 1 832 employés à Montréal – a été «comme un cri de ralliement». «Les employés ont été très mobilisés. Cela a créé une dynamique positive», dit-il.

Il déplore cependant que certains dirigeants commettent l'erreur «d'oublier que leurs employés sont des gens très intelligents qui comprennent les enjeux».

Commentaires (1)

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De l'aide financière pour le cirque du soleil !
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J'espère que l'État ne sera pas obligé de verser quelques centaines de milions $ en aide financière pour supporter le Cirque du soleil en ces temps de crise financière !
On devrait peut-être leur ouvrir un casino avec chapiteau permanent pour aider Guy Laliberté à se renflouer un peu... Il manque peut-être de liquidités après ses aventures en Afrique !

Gilles P.
Gilles P. , mars 18, 2009

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