Rendement nul en 2009 — La Caisse rebrasse les cartes PDF Imprimer Envoyer
Affaires - Enjeux
Écrit par Géraldine Martin   
Mardi, 11 août 2009 14:10
Mise à jour le Mercredi, 12 août 2009 15:43

Zéro. C’est la performance de la Caisse de dépôt et placement du Québec à mi-parcours en 2009. C’est l’institution financière elle-même qui en a fait l’annonce en expliquant qu’elle avait été malmenée par le marché immobilier, un secteur qu’elle a d’ailleurs décidé de restructurer.

 

«Considérant l’envergure des baisses de valeur comptabilisées, principalement en immobilier, mais aussi le fait que les rendements de la Caisse sont une source de préoccupation pour les Québécois, nous avons jugé opportun de faire le point sur la situation», a expliqué dans un communiqué Michael Sabia, président et chef de la direction de la Caisse, en poste depuis mars dernier.

Cette mise au point est une nouveauté. Elle s’inscrit dans la stratégie de la Caisse de «mieux communiquer et d’être plus transparente», a expliqué M. Sabia, en conférence téléphonique.

Crise économique oblige, le secteur immobilier a continué à se dégrader depuis le début de l’année, à tel point que la valeur des placements immobiliers de la Caisse a chuté de 4 G$ au cours des six premiers mois de l’année, a expliqué l’institution financière. À cela s’est ajouté une baisse de valeur de 1,7 G$ provenant d’autres placements moins liquides.

Bref, au total, c’est 5,7 G$ qui sont partis en fumée depuis le 31 décembre dernier. Cette chute de valeur a complètement annulé le rendement de 5% que la Caisse avait réalisé pendant le semestre.

Résultat: au 30 juin dernier, la performance de la Caisse est «au neutre», a précisé la Caisse. Rappelons que l’an dernier, les pertes historiques de 39,8 G$ de l’institution avaient conduit à un rendement négatif de moins 25%.

Pas de prévisions pour l’ensemble de 2009

Sabia s’est refusé à faire des prévisions sur la deuxième moitié de l’année. «Étant donné la quantité de travail qui reste à faire et la volatilité des marchés. Il est impossible de faire des prédictions», a-t-il dit. Par contre, le dirigeant a rappelé que les baisses de valeur annoncées aujourd’hui sont «non matérialisées». En clair, cela signifie que la Caisse espère pouvoir récupérer de la valeur sur certains placements.

M. Sabia a «confiance» dans les investissements immobiliers, mais l’exercice sera «plus difficile» en ce qui concerne les dettes immobilières (prêts mezzanines, par exemple), a-t-il commenté sans donner plus de détails. La valeur de ces dettes a chuté de 2,2 G$ en six mois, soit de 20%.

Intégration

Par ailleurs, étant donné les difficultés dans le marché de l’immobilier, la Caisse a décidé de rebrasser les cartes dans ce secteur dont l’actif net pesait 21% de l’actif net total de la Caisse au 31 décembre 2008.

Concrètement, la Caisse va intégrer sa division Cadim à sa filiale SITQ. Cadim investit dans les immeubles multirésidentiels et les hôtels tandis que la SITQ est le chef de file mondial du secteur des immeubles de bureaux et parcs d’affaires.

La Caisse a donc désormais trois grandes filiales dans l’immobilier: SITQ, Otéra Capital, spécialisée dans le financement immobilier commercial, et Ivanhoé Cambridge, qui se concentre sur les centres commerciaux.

Sur le plan des effectifs, ces filiales pèsent même plus lourd que la Caisse. Au 31 décembre, elles employaient 1957 personnes contre 813 à la Caisse.

En conférence téléphonique, M. Sabia n’a pas voulu commenter d’éventuelles suppressions de postes. «Notre objectif n’est pas la réduction des employés, notre objectif est stratégique», a-t-il dit. La réunion de Cadim et de la SITQ permettra à la Caisse d’être plus performante dans ses «relations d’affaires», a expliqué René Tremblay, nommé vice-président, Immobilier et président du groupe Immobilier de la Caisse. M. Tremblay était auparavant le président et chef de la direction d’Ivanhoé Cambridge.

Moins de risques

La Caisse veut également prendre moins de risques dans son groupe Immobilier. Pour cela, elle se retire du créneau des prêts mezzanine et autres prêts subordonnés. Il s’agit de financements plus risqués que le traditionnel prêt hypothécaire de premier rang. Par exemple, lorsqu’il y a défaut de paiement conduisant à la vente d’un immeuble, les institutions qui ont accordé ces types de prêts ne sont jamais remboursées les premières. En contrepartie, elles bénéficient d’un taux d’intérêt plus élevé.

«Ces changements sont apparus nécessaires pour assurer le succès du groupe Immobilier dans un contexte de faiblesse du marché immobilier mondial, plus particulièrement aux États-Unis. Ils permettront de concentrer nos efforts dans les métiers qui ont produit d’excellents rendements à long terme, 11,9% sur cinq ans et 12,1% sur 10 ans», a déclaré M. Sabia.

Au 31 décembre 2008, le secteur Immobilier affichait un rendement négatif de 16,1%.

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La caisse ne dit pas tout
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La caisse essaie de nous faire croire que ce sont principalement les décisions en immobilier qui explique la mauvaise performance depuis le début de 2009, mais elle omet de mentionner l'effet très négatif de la décision prise par la direction concernant les investissements en actions. Dans le communiqué du 25 février 2009, la caisse mentionne qu'au lieu d'investir 36% du capital en actions comme il est spécifié dans les politiques de placement, elle a PRIS la décision d'investir seulement 22%. Sur un portefeuille total de 120 milliards$ en début d'année, cela veut dire que la caisse était sous investie en titres boursiers de près de 17 milliards$. Dans ce communiqué, la caisse mentionne qu'elle a PRIS cette décision par prudence (sic) en octobre 2008, soit après que l'essentiel de la baisse boursière ait eu lieu. La caisse n'a donc pas pu profiter du rebond boursier de la même ampleur qu'elle avait subit les pertes. En fait, avec ce "timing" de la caisse, la plupart d'entre nous avons probablement connu une performance nettement supérieure à celle de la caisse. Nous sommes en droit de savoir où en est la caisse quant à son allocation en actions. M. Sabia indique qu'ils ont augmenté ce 22%, mais est-ce que la caisse est toujours en bas du 36%? Et quand ces rachats ont-ils été effectués?

Il est temps que les dirigeants de la caisse répondent de leurs actes. La supposée restructuration du printemps ne leurre personne. La caisse a fermé le groupe des fonds de couverture, mais lorsque je consulte le rapport annuel, ce groupe n'a contribué qu'à hauteur de 1,5 milliards$ sur les pertes totales de 39 milliards$. De plus, la grande majorité des dirigeants sont encore en poste. Cette équipe a coûté cher au bas de laine des québécois, et continue de la faire. Clairement, des changements importants doivent être apportés et il est maintenant évident que les solutions ne peuvent germer à l'intérieure de la caisse, mais doivent provenir de l'extérieur.

Merci de m'avoir lu.
Finance101 , août 12, 2009

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