La traduction — Une industrie de 26G$ en expansion PDF Imprimer Envoyer
Affaires - Enjeux
Écrit par Marie-Eve Fournier   
Jeudi, 30 juillet 2009 14:22
Mise à jour le Jeudi, 30 juillet 2009 16:30
L’industrie de la traduction, qui génère des revenus de 26 milliards de dollars à l’échelle mondiale, ne cesse de croître depuis 10 ans. «La quantité de mots à traduire sur la Terre est en train d’exploser!», affirme le Québécois Grant Hamilton, vice-président à l’American Translator Association (ATA), (division cabinets de traduction).
 

Grâce à la mondialisation, au tourisme, à la popularité d’Internet et à l’immigration, les revenus de l’industrie bondissent d’environ 15% par an, en Amérique du Nord. «Aujourd’hui, le moindre restaurant possède un site (souvent bilingue ou multilingue)», fait remarquer Grant Hamilton.

À l’échelle mondiale, la demande augmente même de 25% par an dans le secteur de la traduction de contenus Web, précise Johanne Boucher, vice-présidente, affaires professionnelles à l’Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec (OTTIAQ).

La demande est certes «un peu plus molle depuis quelques mois», en raison de la récession qui retarde certains projets, mais cette situation «temporaire» est loin d’être dramatique, constate Johanne Boucher. Les traducteurs qualifiés continuent d’avoir du travail car la pénurie persiste.

À lui seul, le Bureau de la traduction du gouvernement fédéral aurait besoin d’embaucher 1000 personnes par an mais il n’y a que 300-400 finissants, raconte la représentante de l’OTTIAQ, qui compte près de 2000 membres.

Le site de Québec en trois langues

Les besoins de traduction viennent de partout, explique Grant Hamilton. Une multitude d’entreprises et d’organisations qui n’avaient rien traduit pendant des décennies doivent désormais s’y mettre.

C’est le cas, par exemple, des magasins Simons. Après 159 ans d’unilinguisme dans la région de Québec, le détaillant a pris de l’expansion (en 1999) à Sherbrooke et au centre-ville de Montréal, ce qui le force à recourir à l’anglais, notamment sur son site.

On peut aussi penser au site Internet de la Ville de Québec. Après avoir été traduit en anglais, il est désormais accessible en espagnol en raison du nombre croissant de Mexicains qui s’y installent. «On traduit plein de choses en espagnol pour la Ville de Québec», mentionne d’ailleurs Grant Hamilton, propriétaire du cabinet de traduction Anglocom, à Québec.

«De plus en plus d’entreprises se rendent compte que la moindre petite faute peut leur coûter cher», ajoute le traducteur. Aucune équipe de hockey ne veut appeler ses partisans des ventilateurs (hockey fan), ce qui risque d’arriver avec un logiciel de traduction!

Pour d’autres compagnies, la traduction est carrément essentielle pour accéder aux points de vente des grandes chaînes américaines, (Costco, Home Depot, Best Buy, Walmart) qui sont présentes au Québec. D’ailleurs, selon Grant Hamilton, les entreprises américaines «s’arrachent les cheveux pour trouver des traducteurs en français québécois». Dans le monde, 60% de la traduction se fait entre le français et l’anglais.

Jusqu’à 100 000$ par an

Selon le site du gouvernement fédéral emploiavenir.ca, les perspectives d’avenir de la profession de traducteur sont «satisfaisantes d’ici à 2009». Aucune donnée plus récente n’est disponible. Et le salaire horaire (21,34$), écrit-on, est près de la moyenne (18,07$), alors que son taux de croissance «est à peu près pareil à la moyenne». Une personne qui travaille à son compte peut «facilement dépasser les 100 000$» de revenus annuels, calcule Grant Hamilton.

La division cabinets de traduction de l’American Translator Association tiendra son 10e congrès à Québec le 31 juillet et le 1er août. L’importance des relations publiques, le recrutement, la gestion des plaintes et la profitabilité feront partie des sujets abordés.

 

Commentaires (1)

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Merci de ces chiffres optimistes !
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Bonjour,

quel papier enthousiaste ! Cela fait plaisir, et je vais sûrement m'en faire l'écho sur le blog L'Observatoire de la traduction (http://blog.anyword.fr), où les bonnes nouvelles concernant la traduction ont toute leur place.

Je suis toutefois un peu surpris des chiffres, excellents, que vous annoncez, et qui me semblent bien meilleurs que ceux collectés depuis de nombreuses années par Common Sense Advisory (http://www.commonsenseadvisory.com/), un cabinet d'études spécialisé dans le domaine, et qui indique un marché global de la traduction / localisation à "seulement" 15 milliards de dollars américains.Et, de ce côté de l'Atlantique, les traducteurs à 100 000 dollars sont rares !

Mais le marché Québécois est peut-être meilleur que celui de la vieille Europe ? Je suis en tous les cas intéressé par toute information complémentaire sur le sujet.

Guillaume de Brébisson
L'Observatoire de la traduction
Guillaume , août 18, 2009

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