Selon une association d’entrepreneurs, l’industrie de la construction est minée par la gangrène PDF Imprimer Envoyer
Affaires - Enjeux
Écrit par Yvon Laprade   
Mardi, 02 février 2010 13:44
Mise à jour le Mercredi, 03 février 2010 12:42

L’industrie de la construction est « minée par la gangrène » et la tenue d’une enquête publique n’est « pas l’unique solution qu’il faut privilégier pour guérir le malade », soutient le directeur général d’une association d’entrepreneurs spécialisés en entrevue à Rue Frontenac.

« Le malaise est beaucoup plus profond qu’on oserait l’imaginer », précise Denis Brisebois, à la tête de l’Association des entrepreneurs en maçonnerie du Québec (AEMQ).

Selon lui, le travail au noir est « généralisé » dans l’industrie de la construction, en dépit des messages rassurants envoyés par la Commission de la construction du Québec (CCQ).

« Nous estimons que 85 % des entrepreneurs qui évoluent dans le résidentiel cachent des revenus. Mais ceux qui travaillent au noir ne sont pas tous des bandits, loin de là.

Selon Denis Brisebois, tout est à revoir dans l’industrie de la construction. Photo d’archives Annik MH de Carufel

« Très souvent, les petits entrepreneurs vont couper les coins ronds parce qu’ils sont soumis à une forte pression qui vient des entrepreneurs généraux, les grands responsables des problèmes que vit notre industrie », explique Denis Brisebois.

En décembre, cette association spécialisée a rédigé un mémoire où elle expose à grands traits les causes du mal qui gruge l’industrie et ses travailleurs.

« On peut bien déclencher une enquête publique, et on va sans doute trouver les coupables, mais si on n’intervient pas à la base, si on ne change pas les mécanismes, tous ces efforts pour assainir notre industrie s’avéreront inutiles », fait valoir le directeur général.

Une réforme complète

Concrètement, l’Association des entrepreneurs en maçonnerie préconise une « réforme complète des mécanismes d’attribution des contrats et de
l’industrie dans son ensemble ».

« Il faut tout revoir », insiste Denis Brisebois, qui dit avoir de nombreux appuis au sein de la quinzaine d’associations d’entrepreneurs spécialisés.

Une enquête publique n’est pas l’unique solution pour guérir les maux de la construction, estime Denis Brisebois, directeur général de l’AEMQ.


Ainsi, pour éviter que les entrepreneurs généraux raflent des contrats de façon malhonnête, il faudrait éliminer la règle du plus bas
soumissionnaire et opter pour la soumission qui se situe entre la plus basse et la plus haute.

« C’est là le problème. L’entrepreneur général soumissionne très bas, souvent à 35-40 % du coût de réalisation, et pour faire de l’argent, il demande aux sous-traitants, dans les métiers spécialisés, de travailler à rabais. Il en résulte que les petits entrepreneurs (maçons, peintres, poseurs de gypse, de coffrages, d’isolation) font travailler leurs hommes au noir pour être plus compétitifs », souligne le directeur général.

Denis Brisebois propose de limiter les pouvoirs des entrepreneurs généraux, « qui contrôlent les chantiers et qui exercent une forme de chantage sur les petits entrepreneurs, leurs sous-traitants ».

« Je n’affirme pas que tous les entrepreneurs généraux ont un comportement malsain, mais je souhaite qu’on confie la gérance des projets à de véritables gérants de projets, à des spécialistes de la planification », ajoute le directeur général.

Enveloppes brunes

Il s’en prend en outre à la Régie du bâtiment, « qui émet des licences à des entrepreneurs sans prendre le temps de vérifier leurs compétences ».

« Il y a beaucoup trop d’entrepreneurs qui ne sont pas qualifiés sur nos chantiers, mais il semble que la Régie ne s’en soucie guère. Notre industrie, ce n’est pas qu’une affaire d’enveloppes brunes et de traitements de faveur consentis à un nombre limité d’entrepreneurs véreux. Il y a énormément de jeux de pouvoir », ajoute le directeur général sans identifier les acteurs et les facilitateurs qui s’adonnent à des activités condamnables.

Pourrie, l’industrie de la construction ? « Je vous répondrais par l’affirmative, et j’ajouterais que de plus en plus d’entrepreneurs honnêtes en ont ras le bol de se faire traiter injustement de voleurs. Le climat est tendu et ça risque d’exploser à tout moment », martèle le directeur général de l’Association, créée il y a 22 ans et dont les 250 entrepreneurs membres génèrent 80 % de la masse salariale.

Il craint que 2010 soit une année de vives tensions.

« Si le gouvernement déclenche une enquête publique – ce que le premier ministre Jean Charest continue de balayer du revers de la main –, on risque d’apprendre des choses étonnantes à propos de hauts placés au sein de l’appareil gouvernemental qui jouent aux facilitateurs dans l’obtention de lucratifs contrats. Mais ça reste à voir », conclut Denis Brisebois.


Commentaires (6)

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SACCAGE DE L'INDUSTRIE DE LA CONSTRUCTION
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Après avoir vécu l'émeute du chantier Outardes 3 en 1966 et après avoir vécu le saccage de la Baie James en 1974, je crois être un élément indispensable lorsqu'une enquête publique sera amorcée. Des déclarations de malversations et de collusions pourront faire la lumière sur ce qui se passe dans ce monde ténèbreux de la construction. Imaginez-vous que pendant plus de quarante ans de services dans la construction et ayant occupé des postes de direction, j'ai sûrement de vraies scandales à relater.......
Marcel Lévesque , février 03, 2010
Il y aura rien qui va ce passer
0
Salut le peuple d'endormie.

40 Millard de la caisse de depot pas d'enquetes pas de probleme!
Le peuple:ZZZzzzz...

Ville de Montreal scandales des compteurs d'eau le maire est reelu pas de probleme!
Le peuple:ZZZZzzzz...

Norbourg proces saboter par le procureur de la couronne pour acheter la paix et le silence des pouris!
Le peuple:ZZZZZzzzzz....

Construction mars 2009 On apprend le scandale de Jocelyn Dupuis la police a rien fait et ne fera rien! La SRC s'accharne sur un bouc emisaire Acurso alors que le probleme est beaucoup plus grave que 1 seul type, pas d'enquete du gouvernement Charest!
le Peuple:ZZZZZZzzzz....

Operation Marteau appeller pour laisser vos coordonner retour d'appelle 7 semaines plus tard (wow enquete urgente ou dechiqueteuse jammer!)

La corruption augmente les couts de vos impots et taxe et enrichisse des criminels qui prenne plus de place au sein de votre gouvernement !

Pas grave le peuple DORS et a l'air a aimez sa payer encore et encore.

On a ce qu'on merite au Quebec! on a pas de fierete mais on va aller dire au gens d'ailleur comment vivre et quoi faire alors que notre democratie prend le bord et coule!!!!

Aaaaaa belle province!!!!!!
Marc , février 03, 2010
Le Génie - Construction
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La principale courroie d'un projet de construction, c'est le Génie-Conseil. Curieusement, le Génie-Conseil québécois fait comme si le problème n'existait pas, ou comme si nos ingénieurs-conseils ignoraient ce qui s'y passe, pourtant, ce sont eux qui conseillent le client public sur la qualité et les coûts d'un projet. A lire sans résister, cette étude du Conseil nationale de recherche du Canada ( CNRC ), « La productivité dans la construction », étude publié par l'Institut de recherche en construction ( IRC ). Peut-être que des questions vont surgir sur le pourquoi, les coûts explosent à cause des nombreux changements au contrat. Qui est responsable des dits changements et le responsable des changements, en assume-t-il les coûits, ou sont-ils assumés par le public ? Les sociétés automobiles assument leurs erreurs, qu'en est-il du Génie-Conseil au Québec ? L'industrie de la construction est représentée par 4 acteurs, le client, l'ingénieur, l'entrepreneur et le travailleur. S'il y a du laisser-aller, la corruption et la collusion peut plus facilement s'installer.. Qu'en est-il dans le Génie - Construction au Québec ?
André Mainguy , février 03, 2010
...
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finalement....appuyons un parti qui veut cette enquete....
pierre , février 03, 2010
Confirmation
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Ce témoignage de M. Brisebois confirme les craintes de plusieurs que l'industrie comme les écuries d'Augias a besoin qu'un Hercule détourne deux rivières pour la nettoyer tellement elle est sale. Ça renforce aussi le sentiment que le gouvernement Charest a raison de craindre une enquête...VITE UNE ENQUÊTE PUBLIQUE COMPLÈTE !
Jean-Robert Primeau , février 03, 2010
Vous avez des...sinon UNE idée de ce que pensent certains...
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«ex-résidents» de prisons et de pénitenciers à lire un reportage frappant comme le vôtre. Mercis à vous pour cette autre interpellante fenêtre ouverte sur des «gangrèneurs» du milieu de la construction. Oui, avez-vous une idée de ce que peuvent penser des ex-détenus à vous lire ? Faut-il maudire l'impunité ? J'en ai le goût de rire(s). Ce faisant, j'éloigne le potentiel insidieux risque de me voir habité par le noir cynisme. Sauf que...dans un langage déjà utilisé en milieu carcéral...c'est «câlissant...» Mes excuses monsieur le curé. Ah ! Ces consciences élastiques...! Elles risquent un jour de connaître une fin. Mais encore ? «Péter» dans la face de celles et ceux qui l'auront étiré. Il serait dommage que celles et ceux y tirant les ficelles, celles et ceux derrière le rideau, se voient, une autre fois, protégés par une autre nauséabonde, putrifiante impunité.
Et je continue de sourire...oui, dans ma barbe. C'est, pour aujourd'hui, ma seule consolation.
Gaston Bourdages
Écrivain-chômeur-commentateur
Rimouski
Gaston Bourdages , février 03, 2010

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